Sceptiques !

Sceptiques !

A en croire le gouvernement, il serait donc urgent de réformer le code du travail pour relancer le marché de l’emploi toujours en panne. Une urgence non dénuée d’intérêts alors que la Présidentielle se profile déjà à l’horizon… Mais n’en déplaise au gouvernement le projet de loi travail El Khomri bien que soutenu par Manuel Vals et Emmanuel Macron n’a l’air de convaincre ni les partenaires sociaux, ni les français. 68% des personnes interrogées par Harris Interactive pensent que la réforme proposée ne sera pas efficace pour réduire le chômage. La fronde après celle des syndicats et certains membres de la majorité socialiste pourraient même gagner la rue après les pétitions sur les réseaux sociaux et les mobilisations annoncées…

Malgré les multiples concertations de dernière heure, le dialogue de sourds risque fort de déboucher sur un bras de fer dont la France a le secret. L’extension du licenciement économique et la création d’un plafond pour les indemnités prud’homales ont crispé sévèrement les négociations. Le patronat met bien sûr en garde le gouvernement contre toute reculade tandis que les syndicats et la gauche sont vent debout estimant avoir été mis devant le fait accompli. Dans ce climat sulfureux, le gouvernement sera t-il tenté de passer en force via l’article 49.3 pour contourner le Parlement ? En réalité au-delà de la représentation nationale et du mécontentement des partenaires sociaux c’est sans doute de la rue que le gouvernement se méfie le plus. D’autant que la jeunesse, lycéens et étudiants confondus ont appelé à se mobiliser. Dix ans après la révolte anti-CPE qui avait vu Villepin reculer sur ce contrat première embauche, verra t’on Manuel Valls avaler son chapeau à son tour ? La réponse tient sans doute dans l’ampleur de la mobilisation.

Franck Demay

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