RSE: engagement ou opportunisme?

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RSE: engagement ou opportunisme?

La responsabilité sociale des entreprises est un nouvel enjeu pour les entreprises. Née en 1999, elle a pour but de respecter les principes du développement durable en mettant en place différentes pratiques.

C’est un véritable raz-de-marrée que subissent les entreprises avec l’arrivée de la Responsabilité sociale des entreprises. Désormais, les dirigeants doivent revoir intégralement leur manière de fonctionner et de produire. Tout l’organigramme est concerné et les salariés vont devoir apprendre à travailler tous ensemble pour mener à bien leurs actions responsables.

La RSE, un enjeu majeur pour les entreprises

La RSE, où responsabilité sociale des entreprises, désigne l’ensemble des actions mises en place au sein des entreprises afin de respecter les principes du développement durable. Les entreprises doivent avoir un impact positif sur la société mais aussi sur l’environnement. Cette RSE a été pensée par l’Union Européenne qui a créé un Livre Vert de la Responsabilité Sociale des Entreprises, en 2001, pour encadrer et définir les termes de cet engagement. L’organisation internationale pour la standardisation, appelée aussi ISO, s’est également penchée sur le sujet pour établir une définition exacte du terme de RSE afin que toutes les entreprises aient la même. Les entreprises qui s’engagent dans une responsabilité sociale doivent donc tenir une charte relatant leurs actions.

La France occupe la quatrième place du classement des pays les plus investis dans cette démarche. Les grands groupes ont un rôle moteur pour influencer les PME dans cet engagement. Désormais, 63% des entreprises françaises ont une politique de RSE adaptée, contre 44% en 2015, ce qui justifie de l’importance des grands groupes dans le respect du développement durable. Aujourd’hui, les préoccupations environnementales n’ont jamais été autant au cœur de toutes les décisions politiques, c’est pourquoi la RSE devient un enjeu fondamental dans la vie d’une entreprise. Suez, Renault, BNP Paribas ou encore AXA font parties des entreprises les plus investies dans une démarche RSE. Pour se faire apprécier de ses consommateurs et pour garder une bonne image de marque, les entreprises ont tout intérêt à s’inscrire dans une démarche responsable. Mais justement, la RSE est-elle vraiment un point sur lequel les entreprises ont envie d’investir ou est-ce seulement une clé pour redorer leur blason ?

 « C’est vrai qu’au début, c’était surtout une question d’image pour les entreprises »

En 2003, le rapport RSE, qui relate les différents moyens mis en place, ne concernait que les grandes entreprises. Cependant, depuis la « loi Grenelle 2 » en 2005, cette obligation s’étend également à toutes les entreprises de plus de 500 salariés. Mais alors quels sont les intérêts d’une entreprise s’inscrivant dans une démarche de responsabilité sociale ? « Déjà, cela permet d’être totalement transparent sur nos actions. En interne, les salariés peuvent s’investir pour se sentir intégrés dans cette démarche RSE. En externe, on peut évaluer les conséquences des activités de l’entreprise sur le long terme mais également montrer l’implication de l’entreprise dans le respect du développement durable. », nous explique Manon Raynal, responsable de la RSE du groupe Lagardère Active.

Les entreprises revendiquent leur transparence et leur bonne foi dans leur démarche, mais est-ce réellement les vraies raisons de leur implication ? « L’être humain, pour agir, se base sur trois types de motivations : l’envie, l’obligation et l’intérêt. L’entreprise a pour intérêts de communiquer une bonne image, d’innover sur le plan technique, d’être attractive pour les salariés et de répondre aux envies des grands clients qui se veulent de plus en plus tournées vers le respect de l’environnement. » développe Clément, le rédacteur en chef du site E-RSE.

Mais alors, l’envie est-t-elle vraiment un moteur pour les dirigeants qui décident de se lancer dans une politique responsable ? « C’est vrai qu’au début, c’était surtout une question d’image pour les entreprises qui se lançaient dans une démarche RSE. Je pense que c’est entrain de changer car les entreprises se rendent compte qu’elles peuvent en tirer également des avantages économiques. » renchérit Manon Raynal. La « loi Grenelle 2 » est entrain d’évoluer puisqu’elle compte désormais inscrire les résultats annuels de la responsabilité sociale aux résultats économiques globaux de l’entreprise. Cela permettra aux dirigeants d’évaluer l’impact de la RSE sur leurs résultats généraux. Une preuve, donc, que cette politique responsable prend une place de plus en plus importante dans le succès d’une entreprise.

La RSE ou le mea culpa des entreprises

« Il faut qu’il y est une cohérence entre les actions que l’on soutient dans sa démarche RSE et dans les activités de son entreprise pour éviter le Greenwashing. », nous explique la responsable RSE, Manon Raynal. « Par exemple, une entreprise pétrolière qui communiquerait sur le fait qu’elle n’utilise que des ampoules basses consommation, ne serait pas crédible face à l’impact néfaste sur l’environnement de son activité. ». Aujourd’hui, une prise de conscience est née et ces activités commencent à être fortement remises en question. Mais, la RSE ne s’arrête pas aux ampoules basse consommation et au tri sélectif, simplement pour apporter du positif sur les bilans annuels. Un grand mouvement est entrain de se former dans les grands groupes car ils doivent se remettre totalement en question pour repenser de manière plus responsable leurs activités et leur manière de procéder. La RSE a besoin de communiquer de façon transversale avec tous les départements qui composent la société pour trouver sa juste place : centrale.

 

Alix Mancel

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