Qu’est-ce que l’innovation sociale ?

Qu’est-ce que l’innovation sociale ?

A l’occasion du premier anniversaire de Catalis, l’incubateur régional de Midi-Pyrénées le 30 juin , Jacques Pradel, responsable fondateur du Master «  Nouvelle Économie Sociale » de l’université Toulouse Jean-Jaurès a éclairé l’assistance sur le concept pas toujours très clair d’innovation sociale.

 

Si on sait définir une innovation technologique, dès qu’il s’agit d’appréhender l’innovation sociale, les choses se compliquent sérieusement. D’ailleurs selon Jacques Pradel, il est pour le moins incongrue que la loi sur l’ESS  dans son article 15 définisse l’innovation par l’innovation elle-même ! Comme si le législateur avait eu lui-même du mal à définir ce concept…

 

Pour contourner sans doute la difficulté, la loi parle d’innovation quand il s’agit de répondre à des besoins sociaux mal définis par le marché ou les politiques publiques. Un marché à qui du reste rien n’échappe dès lors que c’est solvable fait  remarquer l’universitaire, non sans ironie.

 

Pour Jacques Pradel, l’innovation sociale serait donc « un dispositif » avec un certain nombre de caractéristiques propres :

 

D’abord l’innovation sociale est toujours « une affaire de bricolage » entre les parties prenantes du projet et par conséquent « non transférable » sur un autre territoire. Et de citer par exemple l’habitat participatif dont on ne sait jamais si cela va fonctionner en fonction des personnes concernées…

 

 

Ensuite, il insiste sur la question de la propriété collective intrinsèque selon lui à l’innovation sociale et à ne pas confondre d’ailleurs avec « l’économie du partage » ou encore dite « collaborative » qui n’est concernée uniquement par le partage de l’usage (ex la voiture ou les vélos ou les locaux) mais pas par celle des parts sociales !

 

L’innovation sociale s’appuie également sur la démocratie locale à savoir le pouvoir partagé ou a minima contrôlé, à la différence de la démocratie représentative…

 

Et enfin, l’innovation sociale serait marquée obligatoirement selon lui par la variable de l’écologie ou à tout le moins par celle de l’environnement.

 

Très critique sur la loi définitive sur l’ESS (en retrait par rapport à son pré-rapport), Jacques Pradel estime que son élargissement notamment avec le statut d’ESUS (Entreprise solidaire à Utilité Sociale» est en réalité une régression démocratique notamment sur la question des écarts de salaires entre les membres d’une coopérative puisque d’un écart initial de 1 à 5, on est passé de 1 à 10 au final ! Autant dire une caricature de démocratie salariale…

 

In fine, Jacques Pradel plaide du coup pour une réflexion sur un label concernant les entreprises ESS, histoire de remettre des valeurs pour ceux qui les auraient perdues…

 

A méditer !

 

Franck Demay

 

 

catalis-jacques pradel from ASLI DEGERLI on Vimeo.

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