Quand le “burn-out” nous guette…

Quand le “burn-out”  nous guette…

Mais que signifie exactement cet anglicisme venu étiqueter ce syndrome professionnel de plus en plus répandu ?

Comme l’explique l’association France Burn-out, première association française d’aide aux victimes de burn-out, “Le « burnout » est un processus autant qu’un état, conduisant à un effondrement physique, intellectuel et émotionnel provoqué par une modification majeure et durable du rythme de vie professionnel. “…”il n’existe pas de consensus du milieu médical sur la définition du syndrome d’épuisement professionnel” tant le nombre de symptômes cliniques communs varient d’un individu à l’autre mais aussi parce que “les premiers signes physiques de ce surmenage d’origine professionnelle sont souvent diffus et susceptibles d‘être imputés à d’autres pathologies”.

L’utilisation du terme burnout remonte à 1969.  On a longtemps cru que seules certaines professions y étaient plus prédisposées telles que celles liées au secteur médical (médecins, infirmières…) ou à l’enseignement. On sait aujourd’hui qu’aucune profession n’est épargnée et que l’évolution parfois pernicieuse de l’univers professionnel ces 25 dernières années, sur fond d’exigences multiples et de compétitivité exacerbée, expose les individus des stress plus ou moins chroniques et de plus en plus violents, mettant à rude épreuve la santé psychologique et physique. Quant au profil des personnes touchées par cette souffrance, il semblerait que ce soit les personnes fortement impliquées dans leur travail, soucieuses de bien faire, souvent perfectionnistes et attachées à des résultats de qualité.

Comment savoir si nous sommes en état de burn-out ?

L’atteinte est insidieuse et bien souvent une personne touchée par le burn-out ne se rend pas compte de ce qui lui arrive précisément ou vit dans une forme déni, repoussant sans cesse ses limites. Elle a juste le sentiment d’être dépassée par les événements, de ne plus être en capacité de gérer la situation, de ne plus arriver à puiser en elle les ressources nécessaires pour faire face. Le monde semble se dérober, ce qui impacte fortement la vie à tous niveaux, que ce soit sur le plan professionnel, mais aussi personnel et social.
Selon l’Organisation mondiale de la Santé (OMS), le burn-out se caractérise par “un sentiment de fatigue intense, de perte de contrôle et d’incapacité à aboutir à des résultats concrets au travail” mais les manifestations ressenties varient selon la sensibilité ou le vécu de chacun. Elles peuvent par exemple prendre la forme d’anxiété constante ou d’irritabilité plus marquée, de problèmes de concentration, de pleurs renouvelés, d’états de panique, de sentiment de malaise, de frustration, de besoin de s’isoler, de perte de confiance en soi,  voire des pensées suicidaires dans les formes les plus profondes. Le quotidien devient hors contrôle.

Parfois les problèmes psychiques sont doublés de phénomènes physiques comme une fatigue persistante qu’aucun repos ne semble pouvoir endiguer, des troubles du sommeil, le risque d’infarctus, la perte d’appétit, de la tension, des migraines, des maux d’estomac, et même des  infections plus fréquentes car sous l’effet du facteur stress, l’adrénaline sécrétée de manière excessive altérerait nos défenses immunitaires.

De plus en plus répandu mais encore mal reconnu, le burn-out nécessite un accompagnement et une aide soutenue. Mais comment faire valoir cet état si la reconnaissance de ce fléau professionnel répandu n’est pas au rendez-vous ou prise suffisamment au sérieux ?

Faut-il précisément reconnaître le burn-out ou épuisement professionnel comme maladie professionnelle par delà sa reconnaissance symbolique établie en 2015 ? C’est en tout cas le projet de loi proposé, ce mercredi 17 février, par le député PS des Yvelines, Benoît Hamon, pour en simplifier les recours et faciliter l’instruction du dossier ainsi que la reconnaissance individuelle de cette souffrance, comme cela existe déjà en Suède ou en Belgique. Rappelons que selon les chiffres mentionnés dans le préambule de la proposition de loi, “3,2 millions de Français sont exposés à un risque élevé d’épuisement professionnel”

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