Monnaie citoyenne Sol

Par / Il y a 3 années / Economie / Pas de commentaires

Pour booster une économie plus équitable et durable, renforcer les structures locales respectueuses de l’humain et de la nature, et impliquer les citoyens, la monnaie complémentaire Sol circule à Toulouse et à Montauban. Découverte.

 

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Au printemps 2011 apparaissaient à Toulouse d’étranges coupons-billets qui ne sont pas des euros… Idem à Montauban le 8 mars 2014, sur le marché de la ville, lors de la journée internationale de la femme : une date symbolique pour l’introduction de cette monnaie complémentaire dans la cité d’Olympe-de-Gouges, la féministe révolutionnaire. En lui donnant le nom de Sol-Olympe, les fondateurs de la monnaie citoyenne tarn-et-garonnaise rendent ainsi hommage à cette grande figure montalbanaise de l’Histoire française.

A Toulouse, trois ans après, ils sont près de 1 800 adhérents et 150 entreprises de tout secteur à toucher de près les Sols-Violette (fleur symbole de la ville). Qu’es aquò ces billets et à quoi ça sert ? Andréa Caro-Gomez, une des fondatrices de l’association Sol-Violette à Toulouse, éclaire notre lanterne et nous facilite la réflexion pour agir en ces temps de crise financière, sociale et écologique: « Nous pratiquons de l’économie politique au sens noble du terme, la gestion de la cité, en grec. Nous établissons un lien entre écologie et économie. »

 

Le pouvoir d’agir pour une économie vertueuse

Le Sol est une monnaie éthique conçue par les citoyens et pour les citoyens. L’objectif est de promouvoir une économie plus durable et locale. « Le Sol n’est pas qu’une monnaie sinon il n’y a pas de sens aux échanges », martèle Andréa Caro-Gomez, qui travaille au sein de l’association Folies à Toulouse, opérateur technique du Sol-Violette. « En la faisant circuler, nous contribuons ainsi à une transformation sociale. Nous valorisons les initiatives citoyennes. Nous renforçons les PME, les artisans : des entreprises non-délocalisables. Nous faisons grandir l’épargne solidaire, nous fléchons ainsi le circuit de la monnaie. »

Andréa avoue prendre du plaisir à animer la co-création de cette monnaie : « Nous donnons une réponse d’espoir à la crise économique et à l’industrialisation de la finance. Les citoyens gagnent en résilience. » Cette monnaie est un levier de développement pour le commerce de proximité dans le respect des femmes, des hommes et de l’environnement, un outil de cohésion sociale, un vecteur de création d’emplois au service du bien commun. En rentrant dans le circuit, les adhérents du SOL augmentent leur pouvoir d’agir. Chaque achat, aussi minime qu’il soit, a un impact sociétal car la circulation monétaire est fondée sur le paiement d’intérêts. Un vrai acte de citoyens. Chacun apporte sa pierre à l’édifice ou fait sa part du colibri comme le présente si bien une légende amérindienne.

 

Reconsidérer la richesse : le ‘’buen vivir’’ social

Pour bien comprendre l’impact que peut avoir le SOL, revenons à la genèse du projet. Le SOL, abréviation du mot solidaire, est une monnaie complémentaire issue du projet initié, en 2001, par le sociologue Patrick Viveret auteur du rapport ministériel ‘’Reconsidérer la richesse’’.  Une expérimentation est réalisée de 2006 à 2009 dans le cadre du programme Equal (Fonds Social européen).

Le Tarn-et-Garonnais Frédéric Bosqué participe au lancement du projet national. Rien d’étonnant de le trouver dans le comité de pilotage du SOL Violette à Toulouse – et plus tard à Montauban – aux côtés des représentants de l’association Bleue comme une orange, Folies et Toulouse Métropole. Ce groupe de travail organise une réunion publique en octobre 2009, la graine est semée : 150 militants s’unissent pour faire germer le projet. Fin 2010, le projet Sol Violette est déposé à la Mairie de Toulouse. Le film des Zooms Verts retrace l’histoire de cette aventure. En 2011, 600 solistes et 70 structures de l’ESS touchent les premiers billets. Ce nombre a triplé en trois ans. Au bout d’un an en Tarn-et-Garonne, on dénombre 21 prestataires et quelques 50 particuliers. Ces monnaies citoyennes fleurissent un peu partout dans l’Hexagone. A tel point que le projet de loi sur l’économie sociale et solidaire, voté à l’Assemblée nationale le 3 juillet 2014, reconnait les monnaies locales complémentaires, émises et gérées par les entreprises de l’ESS (article 10). Les citoyens se sont ainsi servis de la monnaie comme un bulletin de vote. « Soyons le changement que nous voulons voir dans le monde », disait Gandhi.

Dossier réalisé par Sébastien Vives

 

Encadré 1

Le SOL mode d’emploi

Consom’acteurs ou prestataires peuvent adhérer au SOL violette moyennant une adhésion de 25, 50 ou 100 € par an. Les futurs solistes décident eux-mêmes du montant de leur cotisation, en fonction de leurs revenus et de la valeur qu’ils attribuent au projet. Les prestataires (entreprises) doivent remplir un dossier d’agrément comportant 25 critères permettant de jauger l’éthique de leurs pratiques.  La demande est évaluée par le CLAS (Comité Local d’Agrément Sol, composé de membres de l’association) qui validera un agrément pour un ou deux ans, selon la note reçue. Il ne s’agit toutefois pas de sanctionner les mauvaises pratiques, mais d’encourager les initiatives respectant la charte du SOL violette.

Pour se procurer les précieux billets, les solistes peuvent convertir leurs euros en sols (1€ = 1 SOL) dans les banques partenaires ou les retirer chez les prestataires du réseau. Les euros échangés sont déposés sur des comptes épargne du mico-crédit du CLAS. Ces euros seront réinjectés dans l’économie réelle pour financer des entreprises de l’économie sociale et solidaire du territoire toulousain. Les prestataires peuvent payer une partie des salaires et indemnités en SOL Violette ou Olympe et faire des remises en sol. Le SOL est conçu pour circuler rapidement, favorisant ainsi l’économie locale. Il perd 2% de sa valeur au bout de trois mois (mécanisme appelé “la fonte”). De fait, un Sol-Violette circule entre quatre et huit fois par an alors qu’un euro ne circule que 2,4 fois en moyenne.

 

 

Encadré 2

Comment se procurer des sols

Il faut tout d’abord devenir adhérent de l’association puis retirer ses billets dans la banque partenaire du Comité local d’agrément SOL, chez les prestataires du réseau. A Montauban, on peut aussi troquer ces euros contre des sols au marché de la ville les premiers samedis de chaque mois.

En Tarn-et-Garonne. Contacter le SOL Olympe par téléphone au 0805 69 03 15 ; mails : contact@sol-olympe.info ou lesol82@gmail.com. Site web : www.sol-olympe.info

Actuellement, ils sont 15 prestataires à avoir déposé un dossier et obtenu leur agrément du Comité local d’agrément Sol de Tarn-et-Garonne.

A Toulouse. SOL Violette : 40 bis chemin de Prat Long 31200 TOULOUSE. Tél. : 0805 69 03 15.

Mail : contact@sol-violette.info. Site web : www.sol-violette.fr

 

 

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