L’utilité sociale bouscule enfin l’intérêt général !

La loi Egalité Citoyenneté adoptée le 22 décembre 2016 acte l’ouverture de l’accueil de jeunes en service civique aux entreprises agréées Entreprises Solidaires d’Utilité Sociale de droit (ESUS). La possibilité d’accueillir des jeunes en service civique était jusqu’alors réservée uniquement aux organismes publics ou reconnus d’intérêt général, excluant de fait un certain nombre de structures réalisant une action d’utilité sociale.

Cette ouverture est un premier pas pour dépasser la lecture aujourd’hui trop fiscale de l’intérêt général et prendre en compte l’avancée de la loi ESS avec l’agrément ESUS qui a reconnu l’utilité sociale indépendamment du statut juridique.
Comme l’indique Kenny Bertonazzi, président de la fédération des entreprises d’insertion, « il est temps de vivre avec notre temps et de sortir d’une lecture binaire entreprise versus association, intérêt général versus lucrativité, social versus économique ». Ce vieux réflexe souligne toute la difficulté à faire valoir une tierce voie faite d’hybridation dont les entreprises d’insertion démontrent le bien-fondé depuis plus de 30 ans. Une entreprise peut être sous statut commercial avec un projet à fort impact social ; une association peut être lucrative, avec une utilité sociale relative ; une entreprise à statut commercial peut-être détenue à 100% par une association, tout comme une association peut être le prolongement d’une entreprise.

 

Que cette première reconnaissance concerne le service civique est fort de sens et s’inscrit dans la lignée de l’engagement des entreprises d’insertion auprès des jeunes et, en particulier, ceux des quartiers, territoires de création et d’implantation de plus de 20% des entreprises d’insertion. C’est pourquoi la fédération des entreprises d’insertion, en collaboration avec le Commissariat général à l’égalité des territoires (CGET), fera à la fois la promotion de missions allant à la rencontre des besoins des quartiers de la politique de la ville et à la rencontre des jeunes de ces quartiers, pour que l’engagement citoyen soit accessible à tous et permette également l’épanouissement des plus fragiles.

 

Source : Fédération des entreprises d’insertion
Photo : capture d’écran de Kenny Bertonazzi, invitéde du Grand Journal (BFM TV), au micro de David Dauba

 

La fédération des entreprises d’insertion Créée en 1988, la fédération des entreprises d’insertion représente les entreprises d’insertion et entreprises de travail temporaire d’insertion au nombre de 1 200 en France. Inscrites dans l’économie sociale et solidaire, ces entreprises portent un modèle économique à finalité sociale qui conjugue travail salarié, accompagnement, et acquisition de compétences afin de favoriser l’accès à l’emploi durable des personnes en difficulté sociale et professionnelle. La fédération, implantée dans chaque grande région, accompagne le développement de ces entreprises, mutualise leurs expériences et les représente auprès de l’Etat, des collectivités, des organisations professionnelles…

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