Loi travail : la guerre d’usure

Loi travail : la guerre d’usure

Malgré le passage en force du gouvernement via l’art 49.3, le mouvement de contestation contre la loi travail ne faiblit pas. Même si 54% des français veulent que les manifestations cessent, une neuvième journée de mobilisation aura lieu le 14 juin, au lendemain de l’arrivée du texte de loi au Sénat avant son retour à l’Assemblée début juillet.

 

Face à l’échec du dialogue social, on assiste depuis trois mois à des manifestations ici et là et à des blocages de nombreux secteurs d’activités parmi les bastions notamment du syndicat CGT. Certes les automobilistes ont retrouvé leur carburant préféré mais les transports sont souvent perturbés. Une stratégie qui ressemble fort à une véritable guérilla entre la centrale syndicale et le gouvernement.

Dès lors, jusqu’où ira la contestation ? Le gouvernement et le Président ont beau rappeler qu’il « faut savoir arrêter une grève » par crainte des répercussions économiques sur l’Euro de football, les grévistes leur renvoient que L’Euro n’est qu’un terrain de jeu que les passionnés pourront toujours suivre à leur guise…

Manifestement les compromis sous forme d’amendements ne suffisent plus à faire avancer un texte mal perçu sur le fonds depuis son origine. La prééminence de l’accord au sein de l’entreprise sur l’accord de branche, ne passe toujours pas ! Dans ce climat « jusqu’auboutiste » de part et d’autre, le risque est de voir cette guerre d’usure déraper dans la violence. Jusqu’ici évitée, par la vigilance des services d’ordre syndicaux et policiers, elle pourrait bien s’exprimer par le biais de casseurs instrumentalisés déterminés à salir l’image d’un mouvement social et le décrédibiliser définitivement aux yeux de l’opinion publique, sous l’effet d’un drame malheureusement toujours possible si le mouvement perdure.

Espérons qu’il n’en sera pas ainsi.

 

Franck Demay

 

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