L’ESS au Forum social mondial de Tunis

L’ESS au Forum social mondial de Tunis

Un autre monde est possible et existe déjà! A l’occasion du Forum social mondial 2015, une délégation du RIPESS se rendra à Tunis pour la seconde édition du FSM en Tunisie. RIPESS et plusieurs membres de ses réseaux continentaux, européens nord-américains africains présenteront des ateliers et participeront à une Assemblée sur la convergence des actions, en collaboration avec diverses organisations et mouvements sociaux. Des entrepreneurs du monde entier portés par l’économie sociale et solidaire participeront à ce Forum Social Mondial à Tunis, avec les Rencontres du Mont-Blanc!

tunisLa genèse des rencontres du Mont-Blanc au FSM de Tunis

Lors du précédent Forum en Tunisie, de jeunes entrepreneurs de l’économie sociale et solidaire (ESS) de cinq nationalités (chiliens, colombiens, français, marocains, tunisiens) tous membres du groupe MPC «Avec les jeunes pour l’ESS» avaient souhaité sensibiliser sur l’entrepreneuriat dans l’économie sociale et solidaire et s’inspirer des pratiques des entrepreneurs venant d’autres pays. Leur approche originale se voulait résolument transfrontalière et combinait créativité et pragmatisme. Une approche à suivre …

Le groupe «Avec les jeunes pour l’ESS» avait été créé en avril 2012, dans le cadre de l’atelier «Economie sociale et citoyenneté: éducation, jeunesse, intégration » et mis en place lors de la cinquième édition des Rencontres du Mont-Blanc, en 2011. Il réunissait alors des jeunes dirigeants ou futurs dirigeants de l’économie sociale et solidaire de moins de 35 ans, de dix-sept nationalités différentes représentant tous les continents. Ses objectifs visaient à instaurer la confiance entre pairs, afin de témoigner de la réalité, en partant du principe qu’il est possible d’agir pour réorienter l’économie et, surtout de « construire ensemble », ce qui répond à la définition même de la coopération. Après avoir réalisé un article collectif, lequel figure dans le livre des Rencontres du Mont-Blanc, ils ont décidé de participer au Forum social mondial (FSM) de Tunis, et d’y mener des ateliers. L’idée étant de se retrouver lors d’un événement symbolique pour l’engagement citoyen et d’organiser ensemble des activités afin de mieux se connaître et pouvoir échanger avec d’autres personnes venues s’informer au FSM.

L’édition 2015

Le Forum social mondial qui se tiendra du 24 au 28 Mars réunira des dizaines de milliers d’acteurs de mouvements sociaux, d’ONG et d’autres organisations de la société civile. L’économie sociale et solidaire (ESS), au travers des valeurs fortes mises en partage (gouvernance démocratique, non lucratif individuel, utilité sociale et diversité des ressources) constitue une solution pratique au développement humain des villes et territoires à travers le monde.

Pour cette édition 2015 du Forum social mondial, les “Mont Blanc Réunions” – le Forum International de l’Économie Sociale et Solidaire des Entrepreneurs organise deux événements sur le campus Al Manar à Tunis autour de réunions de jeunes entrepreneurs de l’économie sociale et solidaire, le mercredi 25 Mars, 15h00, salle L209. Il propose également le Stand “Lieu des projets” pendant tout le Forum, pour co-construire par delà les frontières et quels qu’en soient les contenus, des projets de l’économie sociale et solidaire avec les participants au Forum social mondial.
La participation au Forum Social Mondial de Renconres Mont Blanc, marque l’engagement de l’association pour renforcer les initiatives de l’économie sociale et solidaire et démontrer par l’exemple que l’économie sociale et solidaire (ESS) permet d’entreprendre par ailleurs des actions propres au développment durable, avec des objectifs globaux contribuant à la construction de modèles économiques innovants socialement et plus justes, et permettant la réduction des inégalités et des injustices.

Pour une économie de l’émancipation

Quel est le lien entre l’ESS et le FSM, événement d’envergure internationale? Au cours des dernières années, les alternatives développées par l’ESS ont montré leur capacité à créer des emplois et à générer une richesse plus équitable et plus humaine. La dimension internationale de cette économie se manifeste par la création de plusieurs associations et réseaux internationaux qui s’occupent de sa promotion. La douzième édition du FSM était une opportunité, pour les adeptes de cette nouvelle manière de faire de l’économie et d’entreprendre, d’organiser des activités à destination d’un public issu de plusieurs nationalités. Sur un total de 1793 activités proposées, une trentaine étaient en relation avec l’ESS. Certes, cela représente à peine 1,7 % du total des activités, mais leur visibilité n’était pas négligeable. Les thématiques proposées tournaient généralement autour de la sensibilisation aux principes et aux valeurs de l’ESS et de son rôle dans la démocratie économique et dans la souveraineté alimentaire. Il s’agissait de permettre aux intervenants dans ces domaines de partager leurs expériences.

Une assemblée de convergence s’est tenue, dans le cadre des activités du Ripess au FSM (www.ripess.org), pour discuter sur le thème «Comment renforcer la coopération solidaire entre acteurs pour transformer à grande échelle le modèle de développement, du local au global? ». Les participants de l’assemblée ont affirmé « que l’ESS et ses formes diverses de par le monde représentent l’alternative au système économique capitaliste mondialisé. C’est une économie conçue par les citoyens et pour les citoyens dont l’objectif est d’assurer démocratiquement un niveau de vie décent et la souveraineté alimentaire des peuples, tout en préservant les ressources naturelles actuellement détruites et gaspillées. [L’ESS] est une économie de l’émancipation qui permet aux peuples, notamment les femmes, qui en sont des actrices majeures, de maîtriser leur destin en éradiquant la pauvreté et en rétablissant pour chacun des droits à une vie digne ».

L’assemblée de convergence a appelé l’ensemble des citoyens à s’organiser collectivement pour peser sur les pouvoirs publics à tous les échelons, du local à l’international, de façon à les engager à réorienter leur politique économique vers une économie qui place la l’humain au centre des priorités et au dessus de celles du capital.

Les actions menées par les jeunes lors du précédent Forum

Deux ateliers ont été mis en place par le groupe « Avec les jeunes pour l’ESS ». La première activité avait pour objectif de retracer les itinéraires de plusieurs jeunes entrepreneurs en ESS. Cet atelier interactif a suscité l’intérêt de personnes de nationalités différentes, parmi lesquelles figuraient des représentants d’organismes qui opèrent dans les domaines de l’ESS et de la jeunesse. Le public a pu être acteur et co-construire l’atelier avec les organisateurs. Divers témoignages ont mis en avant la difficulté d’entreprendre en ESS dans le contexte tunisien actuel, notamment la quasi-absence de cadres législatifs pour les différentes structures du secteur. Pourtant, ces barrières n’empêchent pas les jeunes de lancer des initiatives innovantes d’entrepreneuriat en équipe, porteuses d’espoir et en cohérence avec les thèmes fondateurs de la Révolution tunisienne, en l’occurrence la dignité, la liberté et l’emploi.

La seconde activité avait pour objectif d’envisager le théâtre comme un outil d’expression autour des principes de fonctionnement de l’ESS. Elle a rassemblé une vingtaine de participants qui, pour la majorité d’entre eux, n’étaient pas des praticiens de la scène. Le but de cet atelier pratique était d’appréhender une technique théâtrale, puis de réaliser un numéro sur un thème commun. Le professionnel du théâtre, Gonzalo Ortiz, membre du groupe et organisateur de l’atelier, a proposé d’utiliser la technique du geste, qui permet de surmonter les barrières de la langue.

Trois groupes de travail se sont formés, en vue d’aboutir à une réalisation collective. Il s’agissait d’amener les participants à vivre, dans un espace réduit et dans un temps réduit, certaines des interactions présentes dans les structures de l’ESS. Cet exercice a permis d’expérimenter les valeurs telles que le partage du pouvoir, la coopération, le respect de l’autre, la communication, le courage et l’engagement, l’ancrage et l’adaptation à l’espace, tout cela motivé par la créativité. Cette pratique de sensibilisation, véritablement innovante, ne figurait dans aucun autre atelier organisé au sein du FSM.

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