L’économie circulaire pour retrouver du sens

L’économie circulaire pour retrouver du sens

Mardi 12 Décembre, se tenait à Paris le « One Planet Summit en présence du président français Emmanuel Macron, du président du groupe de la Banque Mondiale Jim Yong Kim et du secrétaire général de l’ONU, Antonio Guterres. L’objectif de ce sommet : « répondre à l’urgence écologique pour notre planète ». Présent à cette rencontre, des acteurs influents de la politique et de la finance mondiale, qui se tient deux ans après l’accord sur le climat de la COP21. Si de nombreux acteurs étaient présents, une structure politique, économique, syndicale et associative manquait à l’appel : l’Institut de l’économie circulaire.

L’Institut de l’économie circulaire est une association regroupant différents membres aux origines variées. Lancé en 2013, l’organe fédère entreprises, syndicats, experts, politiques, et collectivités. Présidé par François-Michel Lambert, député des Bouches-du-Rhône, l’Institut  a pour objectif de promouvoir l’économie circulaire. Une notion encore peu connue du grand public, pourtant ce modèle pourrait à l’avenir répondre aux changements climatiques que nous avons engendrés.

L’économie circulaire, qu’est-ce que c’est ?

Aujourd’hui, la réduction de l’utilisation des matières premières est un enjeu majeur pour la planète. La visée de ce modèle est de maintenir une croissance économique tout en tenant compte de l’épuisement des ressources naturelles. Depuis le Sommet de la Terre à Rio en 1992, la notion de développement durable est devenue un thème central pour les gouvernements, les entreprises et les citoyens.

Le développement durable repose sur 3 piliers. Le pilier écologique se mesure lors des sommets internationaux et des décisions arrêtées par les dirigeants mondiaux, à l’image de l’accord de Paris en 2015. Le pilier social, plus difficile à cerner et à identifier réellement par des mesures. La finalité est de satisfaire les besoins humains en répondant à l’objectif d’équité sociale. Et enfin, le pilier économique prend en compte le modèle circulaire, augmenter la croissance tout en considérant l’épuisement des ressources naturelles.

Transformer les déchets d’aujourd’hui en produits de demain, refonder la vision de la consommation et du traitement des produits, voilà l’ambition de l’économie circulaire et de l’éco-conception. On peut comparer ce modèle économique à une « boucle vertueuse ». Schématiquement le circuit serait le suivant : utilisation des matières premières, fabrications de produits, utilisation du produit sur une durée de vie définie, recyclage et réutilisation du produit.

De l’économie linéaire à l’économie circulaire

Actuellement, le modèle capitaliste impose une économie linéaire, c’est-à-dire l’utilisation des matières premières, la fabrication d’un produit, sa consommation et la fin de vie du produit. Avec l’économie circulaire, ces produits retrouvent une deuxième vie et de ce fait une nouvelle utilisation.

Florence Presson, maire adjointe de la ville de Sceaux et membre du l’Institut de l’économie circulaire revient sur cette notion nouvelle. Pour l’élue, l’économie circulaire « renvoie à une nouvelle forme d’économie, mais la rentabilité est la même pour les entreprises ». Les entreprises doivent donc comprendre, que cette nouvelle manière de produire est rentable, « lorsqu’on demande à une entreprise de mettre moins de package, d’essayer de faire un produit qui respecte les ressources naturelles, et qui va effectivement de moins en moins en consommer et bien ça lui rapporte de l’argent ». Et c’est « en comprenant ce principe que la notion de développement durable par l’économie circulaire que l’on sort de l’étiquette « écolo et bobo » et « on rentre dans une réalité  avec un volet économique fondamental »

L’Institut de l’économie circulaire, comme un retour au « sens et aux valeurs »

Pour Florence Presson, l’économie circulaire est un retour au « sens ». C’est à dire que l’on rentre dans « un modèle de la préservation de la matière première ». Des structures s’adaptent et font également leur modèle de conception grâce à l’économie circulaire. Mais ce modèle doit être porté à tous les échelons, local, national et international. C’est la mission que s’est donné l’Institut. La structure comprend « tous les représentants de la société, avec des politiques, des entreprises, des syndicats et des scientifiques ». L’idée est « de travailler ensemble pour réfléchir ensemble sur le développement de l’économie circulaire ».    

Si l’Institut et ses membres parlent d’un travail et d’une réflexion de concert avec tous les membres de la société, il faut s’intéresser aux membres qui composent la structure. En effet, au niveau des associations, on retrouve la « Fondation de Nicola Hulot pour la nature de l’Homme », au niveau des entreprises « GRDF » ou encore « EDF, Orange et Renault » et au niveau de sa présidence, François-Michel Lambert, ancien député Europe Ecologie les Verts et désormais député de la majorité présidentielle. On retrouve également le candidat à la primaire PS, Jean-Luc Bennahmias ou encore l’ancienne ministre Chantal Jouanno.

Des associations au cœur de l’économie circulaire

L’économie circulaire est donc visiblement un modèle que de nombreuses entreprises feraient bien de suivre. Maintes associations conçoivent leurs modèles sur cette économie, mais ne sont que rarement appuyées par les structures politiques, économique et scientifique, l’Institut de l’économie circulaire, ne porte aucun intérêt à l’exemple suivant. C’est le cas de de la « Ressourcerie du Spectacle ». Située à Vitry, cette association regroupe dans un gigantesque entrepôt, appelé le Crapo, 17 structures associatives avec comme base le recyclage et la réutilisation dans le domaine de la culture et du spectacle.

Dans ce lieu, assez unique, on a rencontré Maïté Henry, co-directrice de la Ressourcerie du Spectacle et coordinatrice de l’ensemble des structures présentes. L’intention : « réparer le matériel de spectacles pour le remettre en service pour des petites troupes de théâtres, des jeunes artistes ». Basé sur un modèle exclusivement de « recyclage, notre projet n’est pas de produire, mais vraiment de réparer pour permettre aux artistes d’utiliser un circuit court ». Ces structures associatives s’inscrivent dans ce qu’on appelle « l’économie sociale et solidaire ».

Il est vrai qu’aujourd’hui, une nouvelle façon de produire et de consommer doit se mettre en place. Que ce soit pour les entreprises, les associations, les pouvoirs publics ou les scientifiques, l’économie circulaire est un modèle de croissance qui tend vers l’économie sociale et solidaire. Et dans un monde globalisé comme le nôtre, une économie plus sociale et solidaire passe par le recyclage et la réutilisation des matières premières. Si des associations comme « La Ressourcerie du Spectacle » utilisent ce modèle de recyclage pour ensuite encourager la création et la réalisation artistique des jeunes structures culturelles, alors nous nous trouvons face à une véritable économie sociale et solidaire.

 

Alexis Rosset

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