Le travail d’Anais Pélaquier nous questionne sur ce dont on hérite

Par / Il y a 2 années / Culture / Pas de commentaires

En quoi consiste cette hérédité qui nous tisse et dont chacun de nous hérite ? En somme quelle est notre histoire et quelle transmission avons-nous reçue ?

Dans le poème “Le laboureur et ses enfants ” de La Fontaine, le père transmet à ses descendants un héritage quelque peu énigmatique, sous forme de trésor caché dans un champ. En réalité le message est des plus subtil. Le laboureur leur livre une précieuse clé, celle de ses valeurs, qui, s’ils en saisissent l’importance, leur permettra de rester à l’abri du besoin.
Nous obéissons tous à une transmission familiale plus ou moins consciente mais ce leg s’insinue dans nos vies et s’impose sous des formes très variées et personnelles.
A l’occasion de l’exposition L’image inversée par Anaïs Pélaquier, le travail de l’artiste nous entraîne dans une rencontre avec nous-même et nous questionne sur nos propres transmissions. De quoi sommes-nous faits ?  Nos réponses relèvent de l’intime et font vibrer nos émotions.
Dans L’image inversée Anaïs Pélaquier développe un travail autour de l’enfance, la sienne, de l’histoire familiale et des bribes de celles des autres. Elle y cultive un certain attachement au lieu, à l’objet ou à la phrase trouvés, abandonnés et nous fait également partager son intérêt pour les reliques et l’iconographie religieuse.
La question de ce dont on hérite, de ce dont on est fait, est posée. Faire apparaitre ce qui va disparaitre ou ce qui a été dispersé, se heurter à sa matière, à sa présence. Inventer des “histoires” dans ces espaces laissés vides. Ouvrir des dialogues, créer des correspondances… font partie de ce cheminement nécessaire à la compréhension.
Elle traverse et mêle plusieurs supports. Spectacles-performances, vidéos, dessins, broderie sur photos anciennes, installations, boites auto-inflammables…

Cette exposition à Anis Gras rassemble un choix de vidéos, des pièces de la série Broderies, des dessins de la série Soit que le puits fût très profond… et quelques autres éléments éparts.

A propos de l’artiste
Anaïs Pélaquier vient du théâtre. Elle y travaille en tant qu’assistante à la mise en scène, dramaturge, régisseuse et metteur en scène, avec des incursions fréquentes à l’opéra. C’est dans le cadre de ses spectacles qu’elle a réalisé ses premières vidéos. Sa recherche personnelle s’est ensuite orientée de façon plus décisive dans cette direction mais elle continue à travailler dans le spectacle vivant avec plusieurs compagnies et metteurs en scène.

Dans le cadre de ma résidence à Anis Gras, je lance un appel à participation autour de la question de ce dont on hérite:

Ce dont on hérite

Vous avez hérité d’une chanson, une langue, une astuce, un objet de famille… Un geste, une manie, une façon particulière de faire vos lacets, de faire cuire un œuf, une photo… Un savoir faire, un souvenir qu’on vous a transmis, une ritournelle, une façon de se tenir, une langue inventée… Quelque chose qui vous échappe ou que vous connaissez bien.

A l’occasion de sa résidence à Anis Gras, Anaïs Pélaqieur lance une collecte désordonnée, un inventaire filmé de ces fragments de voix, de gestes, de choses. De ce dont on hérite, ce dont on a hérité.

EXPOSITION L’image inversée par Anaïs Pélaquier

Lieu : Anis Gras
le lieu de l’autre
55, avenue Laplace
94110 Arcueil

Du jeudi 3 au samedi 12 mars. Vernissage le jeudi 3 mars à 18h.
Ouverture tous les jours de 14h à 20h et les 5, 6 et 7 février, de 14h à 18h.

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