Deux finlandais offrent les clés de la création d’entreprise à des réfugiés

Deux finlandais offrent les clés de la création d’entreprise à des réfugiés

Si en Europe les attaques contre les centres de migrants se multiplient, l’approche est toute autre en Finlande qui a choisi de jouer la carte de l’insertion sociale réussie. Un projet de coopération  en faveur des réfugiés appelé “Startup Refugees” vient d’être mis en place par deux finlandais, le journaliste Riku Rantala et l’entrepreneur Tunna Milonoff, afin de fournir aux réfugiés les compétences nécessaires pour accéder au marché du travail et à la création d’entreprise.

Riku Rantala et Tunna Milonoff ont eu l’idée de ce projet en réalisant la série “Docventures”, une combinaison populaire de films documentaires, politiques et de talk-show. Ce tandem aventureux a éprouvé la nécessité de stimuler la réflexion des gens plutôt que d’en faire de simples spectateurs passifs devant un écran.

 

Créer un impact positif

Riku Rantala explique que sa motivation d’aider les réfugiés est soutendue par une volonté de développer un impact positif: «Dans notre cas, nous croyons au karma,” dit-il.

Les centres d’accueil en Finlande fournissent les besoins de base aux réfugiés tels que la nourriture, des abris et de l’eau mais mettre la création d’entreprise à la portée des réfugiés donne une nouvelle perspective et de l’espoir aux personnes qui ont fui leur pays déchiré par la guerre.

Riku Rantala estime que l’aide apportée aux réfugiés ne suffit pas à intégrer la société finlandaise “Nous devons aider les réfugiés à s’établir,” dit-il. “Si personne ne les aide à créer leur propre affaire alors l’avenir sera très compliqué pour eux

Startup Refugees” estime que ces initiatives devraient commencer dans les centres d’accueil. Comme la journée dans un centre d’accueil peut paraître interminable et particulièrement ennuyeuse, le programme vise justement à rendre ces journées bien plus constructive en donnant aux gens les moyens de créer leurs propres micro-entreprises dans le centre, ou d’obtenir un agrément sur l’hygiène au travail pour qu’ils puissent travailler dans dans la cuisine du centre. Ce programme est conçu pour donner aux réfugiés les outils essentiels afin de leur permettre d’envisager des objectifs plus ambitieux.

Ils ont envie de faire quelque chose de significatif et par ailleurs cela rend leurs jours dans le centre plus confortables”, observe Riku.

 

Comment y parvenir ?

La Startup reçoit les subventions nécessaires grâce au parrainage des entreprises et des personnes qui souhaitent aider.  Ainsi, 350 entreprises différentes, organisations et particuliers ont déjà signé, y compris le géant du jeu finlandais Supercell, Microsoft, le ministère finlandais de l’Intérieur et le Service finlandais de l’immigration, sans oublier plusieurs agences de communication et d’agences de relations publiques, les universités et les instituts de recherche. Les entreprises et les gens ont chacun une façon spécifique d’aider : les grandes entreprises donnent de l’argent, les petites supervisent la formation et l’équipement, et les coaches spécialistes des d’affaires donnent un peu de leur temps.

Startup Refugees rassemble le secteur public, les réfugiés, les entreprises et les investisseurs.
Les entreprises ont diverses raisons de s’impliquer : peut-être cherchent-elles quelqu’un susceptible de parler une langue spécifique et peut-être est-ce dans ce centre qu’ils trouveront le bon profil.

L’organisation Startup Refugees a vraiment cette capacité de redonner de l’espoir en instaurant du tutorat en lien avec les entreprises et les entrepreneurs afin d’améliorer les possibilités d’emploi des réfugiés et lancer un processus de réflexion qui leur permettra de créer leurs propre entreprise.

En termes de fonds, l’organisation agit tel un réseau. Elle est capable de mettre en relation des investisseurs et des tuteurs pour former les réfugiés qui sont dans le centre, les aider à devenir des entrepreneurs en herbe en leur donnant les bases de la réussite.

Riku Rantala explique que même si l’accent est mis sur les start-up, l’emploi est la principale cible. “Nous ne contraignons pas les personnes; si quelqu’un obtient un emploi alors l’objectif est atteint

Il pense que le caractère unique du programme s’étendra un jour hors des frontières pour se propager dans d’autres pays, même si la Finlande reste pour l’instant la grande bénéficiaire de ce dispositif solidaire.

Pour l’heure l’objectif est mettre en oeuvre ce travail  ici et de bien le développer, mais ce serait vraiment intéressant de dupliquer le concept,” explique Riku Rantala.

 

Aider les entreprises finlandaises

De nouvelles startups sont nées dans des centres d’accueil et devraient imprimer une certaine diversité dans le paysage du monde des affaires en Finlande et promouvoir les exportations vers le Moyen-Orient via les contacts de ceux qui se sont établis dans la région.

Si personne en Finlande ne sait gérer les différences culturelles ou répondre aux besoins de la population, comment pourrions-nous imaginer faire de bonnes affaires là-bas?” Interroge Rantala.

Le projet vise également à changer la perception du public sur les réfugiés y compris dans les médias.

Parfois, les médias se font l’écho des mauvais traitements qu’ils subissent et en parlent comme s’il s’agissait d’animaux; les gens ont tendance à oublier qu’ils représentent avant tout un groupe de personnes très cosmopolite“.

 

Credit :
Good Newsfrom Finland
Article de Ruairi O’Hehir
Traduction : Nicole Morgan

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