Innovations et bioéconomie en Finlande pour changer l’avenir

Innovations et bioéconomie en Finlande pour changer l’avenir

La bioéconomie et les innovations qu’elle induit sont considérées comme une nouvelle stratégie en faveur du développement durable. Selon les calculs, d’ici 2030, en raison de la croissance démographique à venir, la Terre aura besoin de 50 pour cent de nourriture en plus, idem pour l’énergie (plus de 45%) et l’eau (plus de 30%). L’environnement ne peut plus répondre aux processus de production qui constituent un fardeau pour lui, ce qui explique la recherche de solutions dans la bioéconomie pour faire face aux défis futurs.

La Finlande s’est tournée vers une faible émission de carbone ainsi qu’une société adepte d’une faible consommation d’énergie. Elle se fonde sur l’utilisation des ressources naturelles renouvelables et de matières recyclables. Un pays ayant accès à une grande quantité de ressources naturelles renouvelables et doté d’une expertise technologique possède tous les atouts pour devenir un pays modèle en matière de bioéconomie.

Voici cinq innovations de la bioéconomie finlandaise qui sont autant d’exemples des solutions d’avenir.

 

Paptic rend les sacs en plastique obsolètes

Les sacs en plastique encore utilisés aujourd’hui datent des années 60 et 100 milliards de sacs en plastique sont utilisés chaque année en Europe. Un sac en plastique peut prendre jusqu’à 500 ans pour se décomposer. Tous les plastiques fabriqués à ce jour font donc encore partie de ce cycle non vertueux, et surchargent nos océans et la nature. Les matériaux de fibres de bois qui composent les sacs développés par la société finlandaise Paptic ressemblent en apparence aux sacs plastiques que nous utilisons mais, eux, ne polluent pas et la start-up entend reléguer nos bons vieux sacs plastiques aux oubliettes.
La technologie de Paptic, à base de bois, a été développée pendant sept ans avec le concours de VTT (l’institut finlandais de recherche sur les nouvelles technologies). A ce jour, la société a créé un sac à 70 pour cent renouvelable et biodégradable et recyclable à 100 pour cent. La start-up a réussi à lever l’an dernier, près de 1,1 millions d’euros pour son premier investissement.

 

UPM produit du carburant à partir d’arbres

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La croissance démographique signifie également l’augmentation future de la mobilité et de la dépendance aux combustibles fossiles non durables pour alimenter le réseau de circulation. Pour devenir durable, le trafic routier a besoin de solutions fondées sur l’énergie renouvelable. Et si, au lieu d’effectuer des forages de pétrole, le carburant pouvait être produit à partir d’arbres? Ceci est plus qu’une vision d’avenir puisqu’il s’agit de la matière première déjà utilisée pour Bioverno biocarburants UPM. Le carburant est issu d’un résidu de production de pâte à papier. Fabriqué en Finlande à partir de matières premières principalement domestiques, le diesel renouvelable est compatible avec tous les moteurs diesel.

UPM Bioverno est fabriqué à partir d’huile de pin brute, obtenue principalement à partir de sapins sous forme de résidu issu de la production de pâte à papier. Le diesel renouvelable d’UPM peut aider à réduire les émissions à effet de serre jusqu’à 80 pour cent comparé au diesel fossile traditionnel.

Woodcast répare les  fractures

Le bois est un matériau polyvalent, qui peut même être utilisé dans le domaine de la santé pour immobiliser un bras cassé. La société finlandaise Onbone a développé le Woodcast, fabriqué à partir de bois et de plastique biodégradable. Il est non toxique et facilement modulable et adaptable sans qu’il soit nécessaire d’utiliser des gants en caoutchouc ou de l’eau.
Le Woodcast convient à tous les formes de moulage ou bandage, y compris pour les entorses, les foulures et les différents types d’arthrose. Il a été lancé en 2010 et est désormais utilisé dans tous les hôpitaux finlandais et même dans le monde entier.

L’an dernier, Onbone a levé 10 millions d’euros auprès d’un groupe international d’investisseurs pour le lancement de bandages et d’attelles comme gamme de produits Woodcast.

 

Ioncell tisse les vêtements  avec du bois

Actuellement, l’industrie du vêtement utilise comme matières premières des fibres synthétiques à base de pétrole et de coton, ce dernier consomme de grandes quantités d’eau. Trouver des alternatives à la matière de base des fibres utilisés dans les procédés textiles est essentiel du fait des volumes d’eau utilisés pour la culture.
Le coton et la viscose pourront bientôt être oubliés parce que l’Université Aalto, l’Université d’Helsinki et l’institut de recherche sur les nouvelles technologies VTT  ont développé un nouveau type de processus qui transforme la cellulose du bois en fibre textile. La fibre Ioncell est une alternative écologique au coton et sa fabrication est exempte de produits chimiques toxiques contrairement à ce qui est utilisé dans la production de viscose traditionnelle.

Les résultats de recherche montrent également que le bois de bouleau en particulier produit une fibre de cellulose qui surpasse le coton et la viscose en termes de résistance. Ioncell peut viser l’usage industriel à grande échelle d’ici quelques années.
Cette fibre innovante a reçu en  2016 le prix de la H & M Conscious Foundation, qui récompense des idées innovantes susceptibles de soutenir le développement durable dans l’industrie du textile.

 

Kemira réduit l’empreinte écologique de l’industrie

L’industrie chimique joue un rôle clé dans le développement de la bioéconomie. Des compagnies industrielles sont impliquées tout au long du cycle de traitement de la biomasse depuis la fabrication d’engrais nécessaires à la culture jusqu’au raffinage des biodéchets.
Kemira est un bon exemple de la recherche en bioéconomie. La société oriente depuis longtemps sa recherche sur le développement de la chimie de l’eau, dont a découlé le composé FennoClean PFA. Il maintient les machines exemptes de microbes, et le produit final est non toxiques et fiable.

FennoClean PFA ne contient pas de chlore, contrairement à ce qui est couramment utilisé pour assurer la propreté microbiologique des procédés de nettoyage et de tenue lors de la fabrication des tissus.
 

 

Source : Good News from Finland
Article par Sara Vihavainen
Traduction : L’ESSentiel

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