Aquitaine Active, acteur solidaire de l’économie locale

Soutenir, accompagner et financer le entrepreneurs en Aquitaine , telle est la vocation de l’association Aquitaine Active qui accompagne depuis 10 ans 80 à 90 dossiers par an sur l’ESS et 100 à 120 projets de TPE avec ses 12 salariés. Rencontre avec son Directeur , Stéphane Pardonnet.

 

Quel est votre définition de l’ESS ?

L’ESS accompagne des approches territoriales sous des enjeux d’intérêt général et d’innovations sociales.L’important pour nous au-delà des statuts, c’est le projet social et son lien avec les territoires ainsi que la création ou la pérennisation de l’emploi..

 

Quel est la particularité de l’ESS sur votre territoire ?

La petite particularité de notre territoire c’est que les approches coopératives sont plutôt présentes dans le sud de l’Aquitaine, en pays basque et Pyrénées Atlantiques notamment pour des raisons culturelles.

 

Quelles sont vos responsabilités publiques et de réseaux sur votre territoire ?

Il y a deux éléments : le premier c’est le soutien à l’ESS à travers l’ingénierie financière et du financement qui leur permettent de positionner leur stratégie ensuite. Cela se co-construit avec les partenaires publics. Le second élément , c’est la réflexion de notre réseau depuis 25 ans , à savoir être un acteur de la finance solidaire. A savoir utiliser le levier de l’épargne pour pouvoir la redistribuer dans des projets qui ont du sens. Aujourd’hui 1 euro sur 2 redistribué sur le territoire Aquitain vient de la finance solidaire. Nous sommes un important collecteur de celle-ci dans des partenariats  avec des acteurs bancaires,mutualistes et gestionnaire de plan d’épargne entreprise. En partenariat avec Crédit Coopératif et Crédit Mutuel nous avons développé des circuits de collectes de l’épargne de particulier de proximité . Nous utilisons ainsi comme levier les livrets d’épargne des particuliers au-delà de l’épargne des entreprises. On a ainsi 2 livrets d’épargne régionaux, labellisés Finansol, qui sont alimentés par 600 souscripteurs de livrets, soit environ 1,5 millions d’euros .

 

Quelle est la spécificité de votre réseau ?

Nos compétences sont de 2 niveaux : la compétence d’ingénierie auprès des entreprises de l’ESS. Il convient de décrypter  la sphère de la plus-value sociale  et la sphère purement économique. Les deux sphères doivent cohabiter entre Ensuite il faut traduire tout ça en langage économique afin de faciliter des tours de table en matière de ressources et favorables à la pérennité des projets.

L’autre élément, c’est l’analyse du risque final .  On a besoin de partager le risque  par rapport à l’épargne solidaire collectée. Nos outils étant très peu chers , pas contre-garantis,  donc la viabilité repose sur la compréhension du partage du risque avec la structure. La confiance est donc un gage de réussite ! Il faut beaucoup de pédagogie à la différence du monde financier bancaire traditionnel. Nous devons crédibiliser le dossier et couvrir le risque! Sachant que l’intervention avec des outils de financement de haut de bilan est en moyenne de 30 000 euros en complément d’un prêt bancaire d’environ 30.000 € garanti à 50% par nous.

De l’autre côté, vous avez de l’ingénierie sur les outillages financiers. Comment on collecte et comment on redistribue l’épargne solidaire. Où trouver la ressource avec une démarche éthique  et comment on prête et à quels coûts ? C’est ainsi qu’on a créé des outils financiers  en les connectant avec les attentes des territoires et leurs nouveaux besoins. Ainsi des outils de moyens à long terme classiques, on a dû créer des outils avec des approches court terme avec des montants parfois plus importants.  Exemple pour les CAE de notre territoire, confrontées aux problématiques différentes du salariat ou de l’ entrepreneuriat, mais un entrepreneuriat collectif salarié à travers les coopérateurs, cela nous a invité à réfléchir autrement. Des outils financiers à titre personnel, quelle forme de prêt d’honneur il faut constituer. Cela nous oblige à de l’innovation. Une discussion est en cours d’élaboration avec nos partenaires publics, la Région, la CDC …pour un nouvel outil qui nous l’espérons devrait être opérationnel en 2016.

 

Avez-vous aussi une politique de capital-risque ?

On propose ensuite des outils de haut de bilan qui peuvent aller de 5000 € à 1 million d’€ sous plusieurs formes :  participation en capital ou prêts participatifs. Le plan de financement moyen dans l’ESS est de 105.000 € et notre degré d’intervention tout confondu, fonds de garanti et fonds propre est de 35% du plan de financement. Le ticket moyen de financement est de l’ordre de 35.000€. On prête ainsi 1 million d’€ par an  entre 0 et 2% d’intérêts sur une durée de 5 à 7 ans et on garanti de l’ordre de 4 millions d’€ de prêts bancaires.

 

Quels sont les impacts en terme d’emplois liés à votre accompagnement ?

L’important pour nous est de savoir comment le financement impacte l’emploi avec l’utilité sociale considérée.  On accompagne ainsi 80 à 90 dossiers par an en ESS, ce qui correspond à 500 emplois par an directement consolidés.

Par ailleurs , on structure l’ entrepreneuriat dans l’ESS. Depuis 2 ans on a développé par exemple un dispositif d’amorçage  avec la Région qui pilote le FSE :  « cap amorçage » afin de pouvoir démarrer les projets ESS.

Ainsi, on subventionne la structure au démarrage à hauteur de 20.000€ pour financer 6 à 9 mois de démarrage d’activités. Et pour aller encore plus loin dans un souci de professionnalisation on a mis en place un programme de formation-action de 15 jours pour aller du porteur de projet au dirigeant du projet afin qu’ils puissent anticiper et croître. Une véritable approche territoriale avec le souci de pérenniser les projets car on doit accompagner la dynamique sur l’ESS.

 

Interview de Franck Demay

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