Des aides équitables nécessaires au maintien de l’agriculture biologique

Des aides équitables nécessaires au maintien de l’agriculture biologique

Languedoc-Roussillon Midi-Pyrénées est la première région de France dans le domaine de l’agriculture Bio en nombre d’exploitants et en surface. On compte 6 500 agriculteurs Bio. Ils sont chaque année de plus en plus nombreux à vouloir se lancer dans cette filière. En 2016, la demande d’agriculteurs souhaitant passer au Bio est en forte hausse : +30% par rapport à 2015. C’est la raison pour laquelle la région a décidé de modifier sa politique d’aides financières.

Le 14 avril dernier, le Conseil Régional devait prendre des décisions importantes pour l’avenir de l’agriculture biologique en région Languedoc-Roussillon Midi-Pyrénées. A l’inverse des syndicats FDSEA et JA, partisans d’une agriculture industrielle, la Confédération Paysanne demandait aux élus du Conseil Régional de voter pour le plafonnement de l’aide à la conversion bio et d’étendre le soutien apporté par l’aide au maintien à tous les agriculteurs bio, quelle que soit la date de leur entrée en bio.

Dans ses différents communiqués le Conseil Régional Languedoc Roussillon Midi-Pyrénées réaffirme quant à lui son engagement et soutien aux côtés de la filière bio car “Midi-Pyrénées est la 1re région « bio » de France et l’agriculture biologique correspond à une demande croissante des consommateurs. Aussi par son Plan bio, la Région accompagne les agriculteurs qui veulent se tourner vers une production biologique et obtenir le label Agriculture biologique (AB). C’est une agriculture qui contribue au maintien d’une vie rurale active et à la pérennisation des petites exploitations, grâce, pour partie, à une commercialisation en circuits courts. Mais par-delà ce constat positif et cet engagement, la disparité des aides divise.

Stop aux choix d’opportunité de l’agro-industrie spéculative

Rien qu’en 2015, près de 70000 ha ont été convertis bio dans notre région. Cette ruée vers les conversions bio, qui a accompagné l’effet d’aubaine lié à l’annonce du non plafonnement des aides, se traduit déjà par une baisse des cours impactant la filière entière. La FDSEA et les JA (Jeune Agriculteurs) mènent des actions auprès des élus pour que les aides à la conversion bio ne soient pas plafonnées. Pourtant seulement une quinzaine d’exploitation de plus de 300 hectares seraient impactées par un plafonnement à 30000€ par an (soit environ une ferme de 100 ha). Aux yeusde la Confédération paysanne, distribuer des aides sans plafond, c’est créer des situations d’aubaine pour ceux qui en ont le plus, au détriment de l’équité de tous les paysans (une ferme de 325 ha toucherait 97 500€ d’aide non plafonnée par an, soit près de 490 000€ d’aides en 5 ans… sans compter les autres aides PAC!). Concentrer des millions d’euros d’aides sur une quinzaine de fermes, c’est, au delà de l’impasse budgétaire, créer une situation inadmissible de distorsion de concurrence entre producteurs et déstructurer dès à présent les marchés. Les citoyens sont en droit de se demander à quoi servent leurs impôts dans une bio sans éthique et de profit à court terme.

 

Non à l’exclusion des pionniers de l’agriculture bio

A côté de cela, ce sont près de 2300 exploitations en bio depuis plus de 10 ans, représentant plus d’un tiers des surfaces en bio de la région, qui n’auront plus aucune aide. Ces paysans pionniers qui ont permis de développer une agriculture multifonctionnelle (environnementale, production de qualité, entretien harmonieux du territoire, contribution à l’emploi et consommation relocalisée) sont aujourd’hui les grands oubliés de la Région Languedoc-Roussillon Midi-Pyrénées. Cette situation d’inégalité de traitement crée un différentiel de marge brute trop important entre agriculteurs bio et implique des situations économiques difficiles sur les exploitations agricoles. L’exclusion de l’aide au maintien des agriculteurs en bio depuis plus de 10 ans est jugée inadmissible! La Confédération Paysanne revendique une prise en compte et une rémunération des services environnementaux fournis par ces acteurs. Tous les agriculteurs bio de la région, quelle que soit l’ancienneté de leur conversion, doivent bénéficier de l’aide au maintien!

 

La survie des fermes paysannes dans l’agriculture bio

La question de la survie de nombreuses fermes paysannes en agriculture biologique est posée. Pourtant, cet avenir à garantir devrait être prioritaire. Trois fermes bio valent mieux qu’une, surtout en ces temps de sous emplois et de désert rural. Parce que soutenir l’agriculture biologique, c’est permettre d’accompagner, de manière équitable, tous les agriculteurs et les agricultrices dans leurs recherches de démarches permanentes de progrès vers plus de cohérence économique, écologique et sociale, la Confédération paysanne demande que conformément à ses engagements de campagne, le Conseil Régional trouve les moyens de verser à tous des aides en soutien à l’agriculture biologique justes et équilibrées

 

L’augmentation du nombre d’agriculteurs bio contraint la région à réduire le montant des aides individuelles.

Le conseil régional a décidé de revoir sa politique en matière d’agriculture bio. Le nombre d’exploitants est en forte hausse il faut donc mieux répartir les aides à la conversion et à l’accompagnement. Les petits agriculteurs qui se sont lancés dans le Bio il y a longtemps sont inquiets.

La Région a manifesté son intention de renforcer ses aides en faveur de l’agriculture biologique en poursuivant l’effort au niveau des investissements des exploitations et de la structuration de la filière : recherche de la qualité des produits, diversification, commercialisation des produits en vue de la création d’emplois durables non délocalisables. Lors de la Commission Permanente du 14 avril, Carole Delga, Présidente de la Région Languedoc Roussillon Midi-Pyrénées, a décidé d’imposer un plafond pour l’année 2016. Le budget global reste en hausse (168 millions d’euros cette année) mais ce sont les aides individuelles seront limitées voire supprimées. La prime à la conversion (attribuée en fonction de la surface) devrait désormais être plafonnée à 30 000 euros par exploitation et par an. Quant à la prime de maintien de l’activité Bio qui était accordée chaque année, elle serait désormais limitée à une durée de 5 ans. Cette année, près de 2500 agriculteurs Bio pourraient donc perdre cette aide de maintien de l’activité. Toutefois Mme Delga s’est engagée devant les élus de la Commission Permanente à prendre en compte les situations difficiles en les traitant au cas par cas.

 

Source : Confédération Paysanne

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